
Haiti:espoir infini, ou réveil collectif?
Cela fait un bail que je ne célèbre plus le jour de l’indépendance. Pour moi, le 1er janvier est devenu une journée comme les autres.
Cette année, j’ai pourtant voulu écrire à ce sujet. Je ne suis ni ingrate ni antipatriote mais plutôt lassée de fêter une célébration symbolique qui ne semble représenter grand- chose pour beaucoup de natifs-natales.
Comment savourer la soupe joumou avec sérénité en ce premier janvier, alors que des confrères et consoeurs meurent de faim, et vivent dans l'insécurité ? Comment célébrer en grande pompe quand nos dirigeants n’ont aucun plan, aucune volonté pour le développement du pays et ne font que dilapider les finances publiques ? Comment rire aux éclats lorsque tant se déresponsabilisent d' avoir contribué à la descente aux enfers du pays?
Ce serait hypocrite de ma part de vous souhaiter un joyeux 222e anniversaire sans vous parler sincèrement. Toutefois, je tiens à féliciter ceux qui nous ont fièrement représentés durant cette année: notamment nos grenadiers qui ont été qualifiés pour la coupe du monde 2026, notre Miss Univers Melissa Queenie Sapini, notre patineur Gesny Pierre Louis, nos cheffes culinaires Dorothy S Jourdelan, Abigail Claude et Lucrecia Richard. Je salue également le courage de ceux qui vivent des situations précaires sur le territoire haïtien comme à l’étranger. Sans oublier nos écoliers, universitaires et professionnels qui se sont déménés pour travailler dans des conditions difficiles.
Je suis fâchée, frustrée, déçue, mais je suis aussi cette petite fille qui ose encore croire que le pays qu’elle a tant aimé et qui l’a vu grandir renaîtra de ses cendres.
Nous souhaitons tous que la situation change. Mais oublions souvent qu’on doit chacun y mettre du sien. S’il vous plaît, faites honneur aux ancêtres en bannissant cette mentalité de division qui nous empêche d’avancer.
Au Jour dernier, lorsque Dieu vous demandera: qu’avez‑vous fait pour Haïti ? Pourrez‑vous répondre avec sérénité que vous avez mené le bon combat, ou admettrez‑vous que vous n’avez rien fait ?
Pa bliye ke Ayiti pa pou lòt moun ke pou nou!
Bon sole, bonne célébration!



